Maternité & études supérieures : un accompagnement pour mieux réussir

Dans le cadre de sa politique d’accompagnement social des étudiants, le Centre des Œuvres Universitaires de Thiès (CROUS-T) a co-organisé un atelier dénommé « After Study », consacré au thème « Concilier maternité, bien-être et réussite académique ». 

Portée par les commissions féminines des UFRs SES (Sciences Économiques et Sociales) et SET (Sciences et Technologies), la rencontre a réuni des étudiantes mères de l’Université Iba Der Thiam de Thiès (UIDT) et de l’École Nationale Supérieure d’Agriculture (ENSA), ainsi que des intervenantes issues des domaines de l’action sociale, de la santé et de l’éducation.

Cet atelier visait à offrir un cadre d’écoute, de partage d’expériences et de réflexion autour des défis liés à la conciliation entre les responsabilités familiales et le parcours universitaire. À travers des séries d’échanges, les participantes ont pu partager leurs difficultés, identifier leurs besoins et réfléchir à des solutions permettant de mieux concilier vie familiale et parcours académique.

Coordonnatrice de l’activité, Mme Khardiata SENE, Chef du Bureau de l’Assistance sociale et psychosociale du CROUS-T, a salué la richesse des échanges et encouragé les étudiantes mères à maintenir leur collaboration avec la DAAS pour bénéficier de nouvelles perspectives d’accompagnement. Elle a également souligné le rôle important des partenaires dans la réussite de cette initiative, notamment la SAR, l’association Kajoor Jankeen et l’association Actions Éducatives.

Les intervenantes ont également insisté sur l’importance d’un accompagnement adapté aux réalités des étudiantes mères. Pour Mme Khady Sow DIOP, co-fondatrice de l’association Actions Éducatives, cette catégorie d’étudiantes reste souvent oubliée malgré ses besoins spécifiques, d’où la nécessité d’une mobilisation collective autour de la solidarité. Mme Ndeye Dieng DIENG, gestionnaire de la cellule d’écoute du CROUS-T, a pour sa part invité les étudiantes à se rapprocher de ce dispositif pour bénéficier d’un soutien adapté.

Du côté des participantes, Mme Sokhna Aïssatou GAYE, étudiante et mère de deux enfants, a apprécié cet espace d’échange qui leur a permis de découvrir de nouvelles méthodes d’organisation du quotidien, notamment dans la gestion du temps, des responsabilités parentales et du stress.

Les travaux de l’atelier ont également permis de formuler plusieurs recommandations visant à améliorer les conditions d’études des étudiantes mères.

À moyen terme, Il est proposé de structurer progressivement l’accompagnement des étudiantes mères à travers les actions suivantes :

  • expérimenter un système de garde solidaire encadrée ;
  • définir une procédure claire de justification des absences pour raisons parentales ;
  • constituer une base de données volontaire des étudiantes mères, dans le respect de la confidentialité ;
  • prévoir une aide ponctuelle en cas d’urgence médicale ou sociale ;
  • mettre en place un cadre d’accompagnement des étudiantes de l’ENSA pendant les stages pédagogiques, permettant, lorsque les conditions le permettent, leur présence avec leur bébé ;
  • instaurer une session de remplacement spécifique pour les étudiantes enceintes ou venant d’accoucher, afin que les examens manqués pour raison de grossesse ou d’accouchement ne soient pas considérés comme des examens de seconde session.

À long terme, Il est nécessaire d’institutionnaliser les réponses aux besoins exprimés :

  • créer une crèche universitaire ou une halte-garderie ;
  • réserver des logements adaptés aux étudiantes avec enfant, notamment dans le quota social lors des codifications ;
  • reconnaître officiellement le statut de parent étudiant ;
  • intégrer la parentalité étudiante dans les politiques sociales universitaires ;
  • intégrer dans les règlements pédagogiques une prise en compte officielle de la maternité, de la grossesse et de l’accouchement dans l’organisation des examens, stages et évaluations ;
  • formaliser, en lien avec les établissements concernés, un cadre institutionnel d’accompagnement des étudiantes mères en stage, notamment pour les étudiantes de l’ENSA.

Au-delà des recommandations formulées, cette rencontre a permis de renforcer la solidarité entre les participantes et de poser les bases d’une réflexion commune sur des mesures plus inclusives en faveur des étudiantes mères.

En accompagnant cette initiative des commissions féminines des UFRs SES et SET, le CROUS-T réaffirme son engagement en faveur d’un environnement universitaire plus inclusif, où la maternité ne constitue pas un obstacle à la réussite académique.